Gaspard Koenig

Biographie 

Gaspard Koenig est né à Paris en 1982, il est Philosophe de formation (ENS, agrégation, Columbia), écrivain et enseignant à Sciences-Po Paris.

Gaspard a été la plume de Christine Lagarde jusqu’en 2009.

Depuis 2013 il dirige le think-tank libéral Generation Libre qu’il a fondé en 2013

Il est l’auteur d’une dizaine de romans et d’essais, notamment autour de Mandeville, de Gilles Deleuze et de l’avenir du libéralisme. En partenariat avec Le Point, il parcourt le monde pour mettre ses idées à l’épreuve du réel, à travers une série de reportages regroupés sous le nom des “Aventuriers de la Liberté”. Gaspard Koenig décline sa quête de liberté sous toutes les formes : recherche académique, reportage, politique publique, roman…

Aujourd’hui chroniqueur aux Echos, maître de conférences à Sciences-Po (Paris), Gaspard poursuit ses chassés-croisés entre réflexion, enseignement, écriture et expériences de terrain.

About 

  • Gaspard en voyage au pays de l’IA

Un philosophe se doit de comprendre et d’appréhender les technologies qui bouleversent nos sociétés. Gaspard a donc pris la route de l’IA. Deux mois durant, depuis les Etats-Unis jusqu’à la Chine en passant par Israël et l’Europe. Son point de départ a été la conclusion du livre de Yuval Harari, Homo Deus : si le dataïsme met fin à l’idée comme à l’exercice du libre-arbitre, alors le sujet autonome disparaît, et avec lui toute la structuration libérale de nos sociétés. C’est une discussion bien plus urgente à mener que les fantaisies sur la Superintelligence ou les titres sensationnalistes sur la fin du travail. L’IA nous apporte-t-elle le bonheur au détriment de la liberté ?

Dans son deuxième volet du voyage au cœur de l’intelligence artificielle, Gaspard Koenig nous initie au “sens commun”, un modèle de représentation du monde indépendant d’une tâche et capable de gérer l’incertitude, la nouveauté et l’imprévu. Il illustre, via des exemples aberrants, que l’Intelligence Artificielle (IA) ne dispose pas de ce “sens commun”.

 Néanmoins, avec l’IA, c’est la question de l’avenir du travail qui est dans toutes les têtes. De ce fait, Gaspard s’interroge sur l’avenir des chauffeurs de camion lorsque les camions seront capables de s’auto piloter. Il montre ainsi que leur profession disparaîtra mais laissera place à de nombreuses fonctions impliquant tout autant de travail humain.

En outre, il introduit le “paradoxe de Polanyi” qui souligne le fait que l’humain sait davantage que ce qu’il peut exprimer, que ses activités quotidiennes impliquent une somme quasi infinie de connaissances non explicitées, de règles invisibles et de procédures instinctives. Dans ce sens, plus une tâche sera difficile à définir, moins elle pourra être prise en charge par un robot.

Pour contrer cette difficulté, les informaticiens pourront explorer 2 directions : simplifier l’environnement ou laisser la machine apprendre toute seule via “l’unsupervised learning”, une technique où l’algorithme est aussi peu dirigé que possible et déduit ses propres règles à partir de l’environnement auquel il est exposé. Toutefois, Gaspard explique que le meilleur algorithme aura toujours du mal à identifier une finalité.

Dans le cas de la radiologie, l’ordinateur sera meilleur pour trouver la cellule cancéreuse parmi des millions de cellules saines, mais l’humain sera plus à même à réagir à des circonstances singulières ou à émettre des hypothèses originales.

A l’inverse, une activité peu exigeante en sens commun est la manutention dans les ports spécialisés, d’où l’apparition de “ports intelligents” où toute la gestion est intégralement automatisée grâce aux capacités d’apprentissage de l’IA. L’automatisation, comme le démontre Gaspard, ne peut donc fonctionner que dans des espaces clos où l’ordinateur pourra avantageusement trouver les meilleures combinaisons.

Partant de l’exemple des ports automatisés, il remarque que la menace n’est pas tant l’émergence de l’IA dans le monde réel que la transformation du monde réel pour accommoder celle-ci. En effet, il s’agit d’un choix social et politique, aucunement d’une fatalité technologique.

Gaspard Koenig nous conduit à la rencontre de ceux qui vivent et font vivre la liberté aux quatre coins du monde. « La liberté déborde les livres et défie les théories. Pour mieux la saisir, je suis parti à la recherche de ceux qui la vivent et la font vivre. J’ai rencontré des hackers à Berlin, des entrepreneurs digitaux au Rwanda, des libertariens au New Hampshire et des dissidents à Pékin. J’ai assisté à des assemblées populaires en Suisse, à des manifestations contre le régime saoudien au Québec, à des réunions parents-élèves dans les écoles alternatives de Londres. Liberté d’expression, démocratie directe, autonomie éducative, surveillance internet, anarcho-capitalisme, répression politique, innovation technologique : toutes ces grandes questions de société me sont apparues sous un jour nouveau, à travers le prisme des paysages et des cultures.

Des expériences aussi radicales ont de quoi bouleverser les idées reçues. Elles m’ont conduit à réviser nombre de mes opinions. Et à en tirer des leçons sociales et politiques dont notre pays pourrait s’inspirer.
De ces voyages, je suis revenu avec une confiance renouvelée dans l’humanité. En ces temps de doute, prenons le temps d’écouter ceux qui pensent l’impensable, expérimentent l’impossible, et imaginent un avenir plus libre. La parole est aux Aventuriers ! »